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Info-Amicale n° 15 - mars 1997Sommaire
Le sixième tour d'Auvergne (29 et 30 juin 1996)Ca y est ! Ca recommence. Durant le dernier week end de Juin 1996 a eu lieu le 6ème Tour d'Auvergne organisé par les Vieux Bols Arvernes. Comme l'année dernière et les années précédentes depuis quatre ans, je suis allé traîner les roues de ma fidèle Gnome & Rhône sur les routes d'Auvergne. Cette année les organisateurs nous avaient concocté une ballade dans les gorges de la Sioule, à côté de Clermont Ferrand, un parcours d'environ 300 kilomètres composé de montées et de virages qui évitèrent toute monotonie. Et pour sûr qu'il ne l'était pas !Nous sommes partis à deux de Paris le vendredi, car j'avais convaincu une autre personne de participer à l'encadrement de la ballade sur ma moto moderne. La première étape avait consisté à apporter sur un plateau ma brave V2 à Chatel-Guyon où le départ devait être donné le samedi matin. Après une nuit passée dans une ancienne gare réaménagée en centre culturel, nous étions fin prêts pour le départ le lendemain matin. Cette année le plateau se composait d'une centaine de motos prêtes à affronter l'épreuve. Il y avait comme d'habitude toutes sortes de marques et de cylindrées et les années des véhicules s'échelonnaient entre le début du siècle et les années 60. La présence germanique, comme chaque année, démontrait l'aura de cette festivité. Hormis les motos de la marque qui ont fait preuve, comme d'habitude, d'une grande fiabilité, il y avait des véhicules de toute beauté, en particulier un FN M50 de 1925 avec ses quatre cylindres en ligne, une Automouche G20 Money-Goyon à "deux fauteuils", une Maico Taïfun, quelques spécimens de BMW de toutes époques et de tous calibres (militaires, ayant appartenues à la Wehrmacht, etc.), et bien d'autres toutes aussi jolies et bien préparées. Parmi les participants j'ai reconnu des membres de l'amicale mais qui avaient opté pour une autre machine. Néanmoins, il y avait une CM2, une R4 et une V2. Donc, nous partîmes de Chatel-Guyon aux alentours de 9 heures en direction de Chateau-Neuf-les-Bains sous le regard des badauds surpris de constater que des engins pareils pouvaient faire autant de fumée et de bruit. Avant de nous restaurer à Château-Neuf-les-Bains, nous fîmes une halte à côté de Charbonnières-les-Vieilles pour admirer un super point de vue sur la région. Mais pour se rendre à ce site, nous dûmes passer par des chemins de terre, où je dois avouer que ma grosse V2 n'était pas trop à l'aise. Malgré tout, elle passa l'examen sans problème, le pilote, un peu moins. Le ciel étant menaçant, nous nous transformâmes en hommes grenouilles pour arriver à la ville suivante. Arrivés à Château-Neuf, la pluie était au rendez vous. Nous appréciâmes la collation qui remonta le moral des troupes et surtout nous réchauffa. Le départ en direction de Saint Germain d'Auvergne se fit dans la plus grande joie des curieux qui admiraient ces fous furieux qui essuyaient, astiquaient et tentaient de faire redémarrer leur engin que la pluie avait traumatisé. Néanmoins tout le monde repartit et la longue file de motos continua son périple. Nous passâmes par Saint Georges de Mons où nous fîmes une halte bien méritée pour le repas dans la salle des fêtes de la ville. Le temps était plus clément et nous pûmes arborer les tee shirts du 6ème Tour d'Auvergne. Un petit problème sur ma V2 avec le compteur journalier fut le seul incident de cette magnifique machine. Sur le parcours du matin, il y eût un incident heureusement sans gravité. Un side-car BMW eût la mauvaise idée de ne pas tourner dans un virage et de plonger d'une dizaine de mètres dans un ravin. Heureusement pour tout le monde, les buissons arrêtèrent la descente et les passagers ne furent victime que de quelques égratignures et d'une grande frayeur. Le plus dur fut de remonter l'engin qui était bel et bien coincé. Les organisateurs firent appel à un agriculteur sympathique qui vint avec son tracteur et un câble. Mais n'ayant pas assez de recul, le tracteur patinait plus qu'il ne remontait la machine, si bien qu'il fallut le secours d'une quinzaine de bras musclés pour tirer le side de son logement. La fière équipe réussit à désenclaver la moto. Le pilote fit démarrer le moteur qui partit comme si de rien n'était, mais le châssis ne fut pas du même avis. Exit la BMW, elle finit le parcours sur un plateau. je passe sous silence la rupture de la corde qui balança l'ensemble des tireurs à la corde sur leurs fesses, ce qui amusa beaucoup les gens. Moralité nous prîmes une heure de retard L'après-midi fut plus ardue. Le parcours prévoyait une ballade d'environ 70 kilomètres d'une traite pour arriver à Rochefort-Montagne. Ce fut dur, car l'étape était un peu longue. Heureusement pour tout le monde, la pluie matinale avait rafraîchi le temps, mais le soleil était quand même au rendez vous. Les conditions climatiques furent optimales pour les moteurs et les pilotes. Nous traversâmes des paysages magnifiques comme l'Auvergne sait en offrir. La vitesse peu élevée, environ 50 km/h, nous permit de profiter d'un paysage sauvage mais ô combien coloré. Néanmoins je fus content d'arriver au point de rassemblement. Je dois bien avouer que je commençais à avoir mal partout. La V2 n'est pas vraiment reconnue pour son grand confort ! Nous dûmes attendre les retardataires car la file de moto s'était allongée en fonction de la puissance des machines, comme on pouvait s'en douter. Un accident, stupide comme il se doit, survint à un des membres du club des Vieux Bols Arvernes qui fit une mauvaise chute. La gravité de son état nécessita le recours à un hélicoptère pour le transporter au C.H.U. de Clermont Ferrand. Heureusement, après quelques semaines de repos, il a recouvré sa bonhommie. L'étape suivante devait nous transporter vers le Mont-Dore et la Bourboule à quelques kilomètres de là. Nous fîmes une halte à la Bourboule pour laisser admirer le plateau aux curieux. Combien de fois ai-je entendu soit, "Ah, j'en ai eu une comme celle-ci" ou bien " Gnome et Rhône, c'est français ce truc là ?" ou alors "C'est normal, qu'elle fuit ?" et moi de leur expliquer que oui, et que non ce n'était pas une BMW, et que oui, elle était très vieille et que néanmoins, elle marchait bien, etc. Après cette halte nous eûmes un peu de mal à trouver de l'essence car peu de stations étaient ouvertes. Si bien que nombre de motos ratissèrent la cité thermale pour trouver le précieux liquide. C'était assez amusant de voir une grosse partie des engins déambuler dans la ville sous le regard goguenard des habitants habitués au calme. En fin de compte un pompiste heureux vit arriver cette troupe hurlante et fumante et nous pûmes faire le plein des machines. C'est que ça consomme ces petites bêtes ! Un coup de moto et nous arrivâmes à Murat-la-Quaire pour une nuit de repos bien méritée. Une colonie de vacances de la région parisienne fut notre havre de repos. Cela changea un peu la directrice, quelque peu acariâtre, de voir débouler cette bande de joyeux lurons. Cependant l'infrastructure nous permit de dormir et de nous rassasier sans trop de difficultés. Certes une seule douche par dortoir, ce n'était pas beaucoup, mais avec un peu d'organisation, nous reprîmes figure humaine. Le coucher fut épique car nombre d'entre nous furent placés dans des dortoirs ce qui rappela bien des souvenirs à certains. Mais avec l'âge, certains d'entre nous entreprirent de jouer un concert de ronflement qui empêcha les autres de dormir. Pas moi, car d'après les dires de mes camarades de chambrée, je ronflais comme un sonneur de cloche... Le dimanche matin, après un petit déjeuner salvateur, nous ressortîmes nos engins d'un hangar et nous effectuâmes les dernières révisions. Un peu d'huile par ci, un coup de chiffon par là, un coup de tournevis et tout le monde fut prêt pour affronter les épreuves de la journée. L'étape suivante consistait à aller rejoindre la ville Gelles, puis celle de Pontgibaud. Le temps était clément et enfin les rayons de soleil dardaient nos corps fatigués. Comme je trouvais que le long serpent n'allait pas assez vite, je fis appel aux chevaux de mon moteur, ma vitesse fut estimée à près de 100 km/h par une Terrot que j'avais laissé sur place et qui roulait aux alentours de 80 km/h. J'en fus très fier et un peu surpris. Après une collation bien méritée, vous partîmes en direction de Chateauneuf-les-Bains pour le repas du midi. A cette occasion, je pris contact avec des motards de la police du sud de la France qui avaient monté un petit club dont la finalité consistait à retrouver et retaper tous les types de motos que la Police Nationale avait utilisés. Au cours de la conversation, j'appris qu'ils cherchaient des Gnomes et Rhône de type CM2 qui, à une certaine époque, avaient sévi dans la police. Après le repas, il fallait terminer notre ballade en retournant à Chatel Guyon. Il faisait beau et le paysage était toujours aussi savoureux. Cette promenade, comme les précédentes, nous a permis de découvrir encore un nouveau coin d'Auvergne. La vallée de la Sioule est bien jolie et très verte. Nous avons été bien encadrés par une organisation qui est toujours aussi opérationnelle, et j'ai pu accrocher dans mon bureau ma quatrième plaque de rallye dont je suis très fier. Je ne manquerai pour rien au monde le rendez vous du dernier week end de Juin 1997 pour le septième tour. François Faye Retour au sommaire général
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