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Info-Amicale n° 15 - mars 1997

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Rétromobile 97

C'est avec ce 22ème salon Rétromobile que nous avons ouvert l'année 1997. Chaque année, nous devons remettre notre organisation au goût de la nouvelle présentation. Nos nombreux et fidèles permanents se sont succédés pour assurer la tenue et la surveillance du stand. Là aussi, ça devient de la routine. La préparation du stand a été réalisée par deux ou trois bénévoles, précédant une longue réalisation en janvier dans notre atelier moto d'Evry où il a fallu scier, assembler, souder toute une ossature métallique coffrée de panneaux pour supporter à la fois les motos en élévation et une réserve de pièces. Et il restait de la place pour servir de vestiaire à nos visiteurs !

Vue du stand AMGR Bon, direz-vous, mais nous voilà bien loin de Rétromobile ! Vous n'avez pas (tellement) tort mais je crois qu'il n'est pas inutile de montrer que tout ce que vous voyez (admirez ?) lors de votre passage sur notre stand ne se fait pas tout seul. Nous sommes peu nombreux à mettre la main à la pâte et nous avons la chance de bénéficier de l'aide du spécialiste SNECMA des expos.

Quoi de neuf ?

Ceci dit, revenons à la moto. Ce salon, cette année, était situé dans un autre bâtiment, plus éloigné que notre "hangar" habituel. Démolition oblige car de grands travaux de modernisation sont en cours au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Quoiqu'il en soit, nous n'avons pas eu l'impression d'une grande affluence. Le prix du billet est-il dissuasif ? 65 francs par client, comparé au prix d'une place de cinéma, ce n'est pas la mer à boire, pourtant ! Par contre, le prix des stands, lui, peut expliquer le nombre de plus en plus faible des exposants du secteur "motos".

Le stand Gnome & Rhône

Les motos que nous exposions avaient été choisies pour être représentatives de plusieurs générations successives, approximativement par tranche de dix années d'âge. Notre ancêtre, un modèle B née en 1922, est restée dans son jus et de service et son monocylindre fait entendre sa voix au premier coup de kick. Témoin d'une époque, elle a été très admirée, peut-être parce qu'elle a su garder toute sa fraîcheur. Pour la petite histoire, sachez qu'elle était attelée à un très beau side-car Gnome & Rhône et que son propriétaire n'était autre que le chef de la gare de Moulins, dans l'Allier, qui sillonnait les rues de sa ville avec, avant et après la guerre (moins, pendant, bien sûr). Si toutes les motos de cette époque pouvaient parler, que d'histoires passionnantes apprendrions-nous...

Ensuite venaient les modèles à cadre en tôle emboutie dont le chef de file est la sympathique Junior, la grand-mère de la famille, avec son vaillant petit 250 cc, sans doute un peu juste vu le poids de la machine. Ensuite, c'est la CV2 de Jacques Lemonnier qui constitue une véritable référence car elle est complète à 100 % et montre ce que peut donner une restauration parfaite. Et c'est une moto qui roule car son propriétaire ne se fait pas faute d'aller lui faire respirer le parfum des petites routes de Normandie chaque fois que l'occasion se présente.

Dans la catégorie des machines militaires où Gnome & Rhône avait une réputation solidement établie, nous exposions une 500 cc type D5A dont le kaki n'est pas authentique puisqu'il a été emprunté à l'armée américaine car son propriétaire qui repeignait sa Jeep en a profité, au passage, pour lui refaire une beauté. Restauration menée tambour battant mais néanmoins de haute qualité.

Cette moto, produite entre 1937 et 1940, était plus particulièrement destinée à la police de la route et à quelques unités de l'armée de terre. Son moteur latéral était d'une technologie très avancée pour l'époque et aurait pu être repris après guerre sur d'autres machines plus évoluées si les moyens financiers l'avaient permis.

L'après-guerre était représenté par deux machines placées sur un présentoir situé à un mètre de hauteur. On pouvait admirer une rare R1 100cc au cadre embouti, qui fut commercialisée de 1943 à 1946 bien qu'étudiée à partir de 1941. Il s'agit d'une machine très dépouillée. Le chrome, à l'époque était aussi rare que cher et, du moment qu'on avait un engin à moteur pour se rendre à son travail, à cette époque, on ne se souciait guère d'esthétique. Epoque mémorable pour beaucoup de nos amis qui sont venus rêver avec un brin de nostalgie aux bons et mauvais moments de leur jeunesse passée.

Plus proche de nous, l'autre moto placée sur un présentoir était une 125 cc type R4X, produite en 1956 et qui clôturait les fabrications moto de la marque. Cette machine a été restaurée dans l'atelier moto d'Evry qui en abrite trois autres, pas encore terminées : une R3, une R4F (modèle dit "pour ecclésiastique") et une LX200 laissée dans son bon état de présentation.
Vue du stand AMGR Une septième machine complétait le stand., provenant le la collection du Musée SNECMA : une 250CC E2 au cadre tubulaire avec réservoir entre tubes qui est un modèle très rare (nous n'en avions recensé que trois jusqu'au dernier tableau que nous avons présenté dans le numéro 11 de Info-Amicale (avril 1996) mais, depuis, trois autres sont venu grossir les rangs).

Après les motos, notre stand présentait la caisse de side-car mais aucune intention ferme de commande n'a été enregistrée cette année pendant le salon. La relance de ce produit se fera plus tard, ce qui nous laisse tout de même la capacité de répondre à de nouvelles demandes de refabrications avec notre châssis complet pour lequel l'objectif reste fixé au mois d'octobre 1997.

Nos refabrications

Sur notre stand, seules les motos n'étaient pas neuves car nous avons toujours eu a coeur de ne vendre que des pièces neuves provenant de refabrication ou des documentations soigneusement réimprimées. Et le tarif que nous pratiquons est le même, que ce soit en vente par correspondance ou sur notre stand de Rétromobile. La seule distinction que nous faisions est de majorer nos prix pour les acheteurs qui ne sont pas membres de l'AMGR. D'autres clubs ont, sur ce point, une attitude plus radicale, ne vendant les pièces qu'ils refabriquent qu'à ceux qui ont leur carte de membre.

J'ai constaté une évolution de nos ventes, peut-être due à la saturation. Pin's et papiers ne trouvent plus guère d'amateurs. Nous allons donc étudier de nouvelles orientations. A ce propos, je pense augmenter à l'avenir l'espace consacré aux refabrications et profiter de ce réaménagement pour ménager un coin repos (attention, je n'ai pas dit "repas" !) où nos visiteurs pourraient se détendre et bavarder plus à l'aise.

Nos permanents

Tenir un stand est une tâche dont on ne mesure pas assez la difficulté. Nos permanents se renouvellent pratiquement tous les jours. Certains restent deux ou trois jours, ce que j'apprécie. C'est ainsi que notre ami Gérard Bernardet, président de l'ACVB, a pu disposer d'une semaine de congé qu'il a mise à profit pour assurer avec nous une permanence sérieuse, perpétuant ainsi l'alliance des noms Bernardet et Gnome & Rhône.

Les motos italiennes

Le club du Motocyclettiste s'était vu accorder la "surface club" au profit d'une exposition des motos Guzzi, magnifiques, il est vrai, exposition qui se complétait par les motos de l'Ital Club qui avait apporté une large gamme de machines. D'autres clubs, de taille plus faible mais bien représentés figuraient sur ce mini espace avec quelques vendeurs aux stands très bien fournis en pièces détachées.

Les vendeurs de pièces

Là non plus, ce n'était pas l'affluence. Les vendeurs étaient presque toujours en attente du client, lequel ne se pressait pas de venir, probablement pour des problèmes de trésorerie, tant il est vrai que les prix pratiqués à Rétromobile sont quand même supérieurs à ceux qu'on peut trouver dans les bourses. Si, pour nous, le bilan reste positif, il n'est plus au même niveau que celui qu'on trouvait il y a quelques années.

Moins d'argent, moins de clients, recette en baisse, alors on augmente les prix. J'ai personnellement constaté une hausse de 50 % du prix du même article sur un stand de pièces voitures du samedi au dimanche.

Remerciements

Comme je le disais au début, la préparation du stand a demandé la collaboration de nombreuses bonnes volontés, non seulement au niveau de la fabrication mais également à celui de l'installation puis du démontage du stand. Merci également à ceux qui sont venus tenir la permanence.
Merci également à Claude Moussez, le président de l'Association des Amis du Musée SNECMA qui avait bien voulu nous prêter quelques motos de la collection du musée. Nous avons également apprécié l'aide précieuse et discrète de Philippe Blard, responsable des restaurations motos du musée.

Bilan final

Vue du stand AMGRTout ceci reste malgré tout positif : une quinzaine de nouveaux adhérents sont venus grossir nos rangs et les ventes de pièces détachées, même si elles sont en baisse par rapport aux années précédentes, sont néanmoins d'un niveau correct.

Pour terminer sur un plan positif, j'ai mis de côté quelques réflexions sur l'évolution de Rétromobile que l'on pourra lire dans ce même bulletin ("La moto a-t-elle encore sa place à Rétromobile ?"). A nous de préparer 1998 en travaillant tout au long de cette année pour nos amis collectionneurs.

Alors, rendez-vous en février 1998 !

Bernard Prunet
Président de l'AMGR


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