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Info-Amicale n° 18 - décembre 1997

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Sans porte-moto, je me décidai à y aller par la route sur ma chère pétoire qui est une Gnome et Rhône Major de 1938. Prévoyant une semaine pour faire Orléans-Issoire, mes sacoches remplies d'outils et de pièces de rechange (je suis sûr que de nombreuses pannes m'attendent !), je me mets en route par une belle matinée ensoleillée.

Deux jours et huit cent kilomètres plus tard, sans une seule panne, je suis à mon grand étonnement arrivé à Issoire, à cinq kilomètres du lieu de départ du tour. Mon avance m'a même permis un petit détour par La Bourboule et le Mont-Dore. Loin des autoroutes, j'ai cheminé sur d'agréables départementales jalonnées de petits troquets dans lesquels ma tenue et mon engin d'un autre âge ont fait remonter plus d'une fois des bouffées de souvenirs à de petits pépés bien sympathiques. A chaque fois, ceux-ci me récitent les noms des marques disparues et me parlent des motos qu'ils ont eues. Je rencontre même un ancien agent Gnome et Rhône qui me dit avec nostalgie que le plus beau modèle qu'il a vendu était une Super Major : "On faisait de belles machines !."

C'est donc avec cinq jours d'avance que j'arrive à Issoire. Au camping où j'ai élu domicile, un bmviste me parle de Voxan, la nouvelle marque de moto française qui se trouve dans la ville. Je décide d'y aller voir... J'arrive devant l'atelier, il n'y a personne et je vais repartir quand mon câble d'embrayage casse. Je commence à le changer quand j'entends derrière moi : "ça, c'est de la moto française !".

C'est un maquettiste de chez Voxan qui avait bien cru entendre un vieux mono. L'équipe Voxan son bientôt au complet et me prête des outils. Pendant que je répare, ils observent ma Major avec l'oeil de ceux qui ont eu à se creuser la tête pour trouver d'astucieux dispositifs : "ils étaient pas cons à l'époque et ils s'emmerdaient pas à trouver des systèmes compliqués". L'un d'entre eux prend mon lève-soupape pour un desmo !

Ensuite, je visite l'atelier et on me présente la Voxan. C'est une belle moto, mais un peu trop moderne pour moi... Finalement nous allons ensemble au resto et je les quitte en leur souhaitant un grand succès pour leur moto.

Quelques jours plus tard, le Tour d'Auvergne commence enfin. La centaine de motos anciennes que nous sommes traverse des paysages magnifiques. Notre troupe s'arrête dans de nombreux petits villages où, chaque fois, charcuterie, cantal et ch'ti canon sont offerts par Monsieur le Maire, ce qui rend l'avancée du Tour de plus en plus joyeuse.

Parmi les motos qui sont là, je remarque une FN avec un moteur énorme et des freins à patins ainsi que deux Gnome et Rhône, une 350 magnifiquement refaite et une 500 V2. Un petit garçon, en voyant le bicylindre, s'écrit : "Oh, regarde, celle-ci a deux moteurs! "

Certaines motos sont parfaitement restaurées, comme cette San Soupap qui fera malheureusement une partie du tour sur la remorque d'assistance. D'autres ont l'air de sortir de leur grange. J'ai même vu une araignée quitter précipitamment la Monet-Goyon qui l'hébergeait.

Bravo encore aux organisateurs car tout était parfaitement réglé et très sympa.

Le Tour fini, il me faut encore rentrer dans le Loiret et refaire, dans l'autre sens, cinq cents kilomètres. Aucune panne pendant quatre cent quatre-vingt dix kilomètres. Mais à dix kilomètres du but, mon pneu arrière (avec chambre à air d'origine) éclate et je me retrouve dans le fossé. Je ne suis pas blessé et la Gnome n'a que le phare de cassé (faire de la route sur un escargot a parfois du bon).

Même si cette aventure s'est terminée en dépanneuse, je voudrais quand même, avec ce récit, encourager tout le monde à rouler avec ces chères petites vieilles car il ne faut pas oublier qu'elles sont faites pour ça.

Sylvain VAYSSADE


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