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Info-Amicale n° 19 - avril 1998Sommaire
UNE ANNEE BIEN REMPLIE
1997 commence dans la neige par le Blaireaux Treffen l'hivernale organisée par l'AMADA, le 18 Janvier, sur les contreforts Est de l'Ardèche. Side-car oblige, la vieille Black Star fera l'affaire. Le temps est au redoux et l'accès au terrain se transforme assez vite en un bourbier innommable où les caméras de télévision immortaliseront certains, plantés jusqu'au châssis. Ambiance assurée par ZAC et le baron Corzo, accueil hyper sympathique chez Bernadette, l'Elissor à Colombier Le Jeune, où on passera plus de temps à visionner le tournoi des cinq nations et jouer au baby-foot, qu'à rouler sous le crachin.
La semaine suivante, c'est l'hivernale du Pilat celle des Pétrolettes Dauphinoises, plus confortable et moins rustique, plus fréquentée aussi, du fait de son excellente réputation. Le logement dans un gîte confortable permet cette année un sommeil plus réparateur que l'année dernière au col du Pavezin. Le brouillard givrant remplace très efficacement la neige pour la recherche de trajectoire idéale et la densité des carrefours sanctionne la navigation hasardeuse. Début Février, c'est au tour du relais de l'Empereur de nous accueillir sur les hauteurs de Grenoble, vers La Mure. Le thermomètre a chuté, mais pas de neige épaisse et dérapante, comme aux Eléphants l'année dernière! A la place, une fois passé le couvercle nuageux dans la côte de Laffrey, le plaisir de découvrir un paysage magnifique, fraîchement givré, sous un soleil radieux qui ne parvient pas à réchauffer les genoux gelés. La cuisine de Max Cosson s'en chargera. Vient enfin le temps de partir aux Dragons, deuxième week-end de Février. Le Dragoon Rally se situe dans le nord du Pays de Galles. Quatre fanas sont du voyage, Bernard Leautier sur R69, avec dans le panier, JMD, le barbu le plus célèbre du milieu. Michel Piercy sur Zündapp 125 et Merco en MGC. Pour le confort et la sécurité, c'est en fourgon que nous traverserons la France. Nous le laisserons à Dunkerque . Il reste encore 800 km à parcourir. Le réseau britannique est très dense, bien maillé, les autoroutes sont gratuites, pourquoi les éviter ? D'autant que 1'incontoumable London oblige à suivre la M25, sorte d'hyper périphérique à 4 voies saturées, y compris celle d'arrêt d'urgence, que nous suivons allègrement compte tenu de la vitesse des semi-remorques et des gerbes d'eau qui nous inondent à leur passage. Car la pluie a fait son apparition. Dans mon rétro le phare de la Zündapp recule de plus en plus. Les forcenés de la BM n'en ont cure et je suis obligé de les suivre, à la limite du potentiel du 350 JAP culbuté. Une demi-heure plus tard, le side s'arrête enfin pour s'enquérir du sort de notre Franc-Comtois. Je constate alors, que dans ces tourbillons, j'ai perdu ma sacoche droite, celle du mauvais côté en Angleterre. Peu d'espoir de retrouver son contenu, drapeau tricolore, carte grise, outils, lunettes et agenda, d'autant que Michel Piercy, qui nous rejoint enfin, n'a rien vu. C'est l'allumage qui lui joue des tours, pas étonnant dans l'humidité ambiante ! Nous décidons d'en finir au plus tôt avec ces risques. Les autres branches des autoways sont nettement plus cool que la M25. A 18 h. vers Cheltenham, arrêt pipi, concertation sur la pause nocturne et mes fêlés repartent ventre à terre alors que je bataille pour démarrer la MGC. A nouveau la course, une fourche au loin, je crois voir une moto prendre à gauche, je la suis, dans une circulation rendue difficile par les sorties d'usine, mais, personne à l'horizon ! Une station-service, je fais le plein, puis demi-tour pour rejoindre le dernier arrêt. Personne, je suis seul ! Avec une moto qui à 70 ans et pas mal de bornes dans le carter. La nuit est tombée. Ma décision est vite prise, retour sur l'autoroute direction le nord-ouest, Birmingham, après on verra ! A 23 h. les flics m'arrêtent. Le lumignon de la MGC, pourtant doublé d'un machin de VTT à éclat rouge est insuffisant, "Mais la M5 est éclairée.", "Oui, mais plus loin, il n'y a plus d'éclairage. Vous êtes en danger, les camions ne vous voient pas, même nous on a eu du mal." Ils sont deux, un homme et une femme, mignonne. "Qu'est ce que vous pensez faire ?" "S'il n'y a pas d'autre solution, m'arrêter et dormir !" Faux cul comme pas deux le policeman me répond : "J'allais justement vous le proposer, suivez nous !" Je n'ose pas dire à la minette qu'avec elle, jusqu'au bout du monde. Et je me retrouve dans une hôtel coquet, petit comme toutes les habitations simples de ce pays, mais très confortable avec douche, télé et surtout, le lendemain, le merveilleux breakfast . Il fait un temps splendide, mais la température est fraîche. La MGC a du mal à partir et plus loin, sur l'autoroute, c'est la cata ! Un serrage brutal qui laisse une traînée de gommard, heureusement il n'y avait rien derrière. J'ai consommé plus que prévu : un litre aux 300 km ! Le plein refait la moto repart difficilement , elle ne tire plus pareil et j'ai l'impression qu'elle fume beaucoup. Peu avant l'entrée de Cerrigydrudion (Bouton ?), je rattrape une antiquité pétaradante auprès de laquelle la création de Marcel Guiguet fait l'effet d'une japonaise moderne. C'est une AJS de 1926 pilotée par une anglaise incroyable, dont le strabisme fait oublier les cheveux filasse. La moto est dans un vieux jus pas possible mais la créature me sème quand elle veut. Une fois cela constaté elle m'attendra pour me guider dans les derniers kilomètres. Car le jeu consiste à rallier un point perdu dans la montagne où une simple caravane abrite le secrétariat. Une fois taxé et inscrit, un plan vous dévoile le tracé final permettant d'atteindre la concentre. C'est un vallon tranquille où coule une rivière... J'y retrouve mes comparses, pas gênés du tout de m'avoir largué et je m'installe parmi eux. Il n'y a pas de neige, mais le temps est frais et humide. La MGC attire les curieux et pour faire comme eux, nous emboîtons le pas pour un tour de campement. Il y a plus de 3 000 participants, mais nous sommes les seuls français. Quelques allemands et hollandais représentent le continent. C'est un plaisir de voir le nombre de motos d'avant 1960. Une belle brochette de Douglas, quelques Vincent et même une des premières Honda. Une grande tente abrite l'accueil et la buvette. Nous recevons la médaille, quelques cadeaux, biscuits ou bonbons et un bol de soupe chaude. C'est le paquetage. A la nuit, un immense feu démarre et quelques allumés grimpent au sommet du bûcher pour mieux l'embraser. Mais l'ensemble est plutôt calme, cool, à l'anglaise. Ces gens-là savent mieux boire que les teutons, mais il manque la débauche de rigolade des Eléphants. Cela explique peut-être qu'au matin chacun repart très tôt. A 9 h, il n'y a plus personne. Pour nous le retour passe par l'île d'Anglesey, encore plus au nord-ouest où nous devons passer la nuit. J'en repartirai tout de suite, prenant de l'avance, car mes coéquipiers sont trop véloces. Je les quitte à midi, précédant de peu une nouvelle dépression que je vois filer loin à ma droite. Vers 18 h, dans une station-service, je m'enquiers d'un abri possible pour passer la nuit. C'est alors qu'un jeune "paki" m'accoste, "Pourquoi y a la cigogne de Guynemer sur ton réservoir ?" Féru d'aviation, cet étudiant en médecine sait des choses ! Je lui sors la légende de Marcel Guiguet. Il en est abasourdi. Je lui explique mes problèmes d'éclairage, etc. Il a la solution ! "Je suis en 250 MZ, tu n'as qu'à rouler, je t'escorte pour te protéger !" C'est comme ça que nous filons jusqu'à Londres où nous serons hébergés chez sa mère adoptive. Il est, en fait, originaire du Rwanda. Je quitte à regret ces gens adorables après avoir signalé la perte de ma sacoche au commissariat voisin. Il pleut à nouveau et mon câble de frein casse dans la traversée de la City. Ca devient galère, la MGC cale et démarre de plus en plus difficilement. J'arrive pourtant à rejoindre la M20 et le terminal de Douvres, trempé. Mes surbottes n'ont pas résisté au freinage avec les pieds. Sur le bateau je trouve les outils me permettant de changer la bougie, recaler la magnéto, etc. Huit heures plus tard Debonneville , Leautier et Piercy me rejoignent à Dunkerque. Ce dernier a tellement galéré après que les précédents l'aient semé, qu'il préfère passer une bonne nuit au F1 plutôt que d'embarquer dans le fourgon pour Lyon. Il a traversé le pont de Dartford escorté par une camionnette de service, le protégeant du vent pour qu'il ne soit pas emporté. Il faut dire que son Zündapp est plus haut que long avec son Hugon et son chargement. J'ai le plaisir de recevoir quelques feuilles de mon agenda, carte grise, carte verre, le tout bien abîmé, en provenance d'Angleterre, mais du reste, rien ! C'est déjà pas mal. Le week-end suivant est réservé à la première reconnaissance du Tour d'Europe. Devant l'accueil enthousiaste des Autrichiens de Kössen, je me suis jeté à l'eau pour l'organiser ! Ensuite je profiterai d'un désistement pour aller embrasser mon petit-fils à La Havane. Mon fils y attend les touristes et nous avons bon espoir d'organiser un side-car tour de Cuba. Le dimanche des Rameaux est dédié à St Tropez : pastis, rigolade, sardines grillées et ambiance garantis. A ne pas louper ! La MGC reprend du service. Quinze jours plus tard, Fête de la Moto à St Paul Trois Chateaux. 20 Avril, sortie side-car à Malaucène, J'organise l'accueil au Musée de Nyons. 24 - 25 : rallye du C.M.P.N. Rhône-Alpes avec la 90S je termine treizième et premier poireau. Pas mal ! 27 avril, première à Oyonnax. Froid et pluie sont au rendez-vous. La R12 me fait une frayeur lorsque le support de selle cède. Beau parcours. Dommage, le temps... 4 mai, l'âne à 2 roues organise à Bessans, c'est l'occasion de manger des huîtres ! Et de commencer la pub pour le Tour d'Europe. Je suis étonné par la qualité des machines présentées, même les petites cylindrées sont présentées sous leurs meilleurs atours. Il y a un réel effort , c'est sympa ! 16 - 18 mai, la dernière Ballade des Vieux Clous ne peut se faire sans une MGC ! Montée en fourgon dans le Nord, avec les époux Renart, ça fait quand même des bornes ! Mais quel pied de rouler en voyou derrière des CRS en balade, les Anglais n'en reviennent pas ! Et puis, l'ambiance des soirées en Angleterre ! André Jean Mercorelli Retour au sommaire général
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