Bandeau

Accueil
Histoire
Activités
Adhésions
Actualités
Gazette
Calendrier
Galerie

Contacts

La restauration des motos anciennes

La restauration des motos anciennes est une longue patience. Quelqu'en soit la marque et le type, il faut commencer par expertiser l'engin et presque toujours le démonter de fond en comble en notant très soigneusement sur un cahier la position des pièces et la façon dont sont réalisés les assemblages. Des photos en gros plan seront précieuses lors du remontage. Encore que...

Encore que l'on n'est jamais certain que ce qu'on a sous les yeux soit authentique. Dans la première moitié du siècle on n'était pas très scrupuleux et, dans la France profonde, les réparations s'effectuaient presque autant chez le maréchal ferrant que chez le mécanicien (qu'on n'appelait pas encore "motociste"). Très souvent, le seul critère était que ça roule. Les moteurs étaient moins poussés, les usinages moins précis, la vitesse moins élevé et le client moins exigeant. Alors...

Autant que faire se peut, il faut rassembler le plus de documents possible : catalogues du constructeur, études techniques publiées par les revues de l'époque, photos... Mais ici aussi il faut se méfier. Les dessinateurs qui représentaient les organes internes d'une machine se laissaient parfois aller à "améliorer" la réalité. Et puis, en cours de fabrication, des modifications intervenaient, qui pouvaient rendre caduques les documents déjà diffusés.

Ensuite, il va falloir regarder chaque élément, le nettoyer, le dérouiller, l'inspecter de près, le mesurer afin de voir s'il est réutilisable. On sera ainsi amené à dresser une liste des pièces à remplacer ou à refaire. Et commencera alors la fréquentation assidue des "bourses d'échange", la lecture des petites annonces de LVM (La vie de la Moto) qui est le périodique où l'on trouve le plus d'annonces de ventes, achats ou échanges de machines entières, pièces détachées et documentations.


Ce n'est pas en une page qu'on peut couvrir le sujet, aussi allons-nous arrêter là notre exposé et vous présenter quelques photos illustrant deux cas de restauration.


Une M1, monocylindre 306 cc des années 30

Pour voir chaque image de façon plus détaillée, cliquez dessus. Elles font chacune une cinquantaine de kilo-octets.
Avant restauration Après restauration
  162  162

 269C'est ce qu'on appelle une machine "dans son jus" ! Elle est pratiquement complète, ce qui est une chance, vu sa rareté. La peinture a été refaite, les carters ont été polis, le tube d'échappement a été refait et chromé, l'enroulement de la magnéto a été rebobiné, les contacts et le condensateur remplacés, le cylindre réalésé (on a réussi a trouver un piston en bon état à la seconde cote réparation !). Bref, il ne manque plus que le décor de réservoir qui n'a pu être reconstitué.

 162

C'était d'habitude des décalcomanies qui, bien entendu, sont maintenant introuvables. L'AMGR a, depuis, lancé une série de refabrications.


Une Junior, monocylindre 250 cc de 1934


"Les chants désespérés sont parmi les plus beaux." Ici, nous avons affaire à ce qu'il est convenu d'appeler une épave. Cette pauvre machine a servi de jouet aux gosses du coin jusqu'à ce qu'elle renonce à tourner. Abandonnée dans le coin d'une grange, elle a alors été attaquée par l'humidité et la rouille dont elle est couverte n'augure rien de bon. Il manque pas mal de pièces mais, par chance, les cocottes (poignées de commande fixées au guidon) sont encore là. C'est une chance car ces pièces de fonderie ne sont pas refabriquées et sont pratiquement introuvables d'occasion.

Le démontage complet s'impose et il va révéler un certain nombre de catastrophes illustrées par les deux images de droite : le cadre est cassé au niveau de la colonne de direction et les pignons de la boîte de vitesses sont tellement usés que le profil de leurs dents, droit initialement, est maintenant tellement usé qu'il ne fautr pas espérer les réutiliser.

Pour voir chaque image de façon plus détaillée, cliquez dessus. Elles font respectivement 42, 20 et 8 kilo-octets.
Telle qu'achetée Deux catastrophes
Junior telle qu'achetée  Cadre cassé Pignon usé

En outre, l'un des demi carters est cassé au niveau de l'un des trois points de fixation au cadre et, après ouverture, son état intérieur est fort inquiétant. On pourrait envisager une soudure mais, sur de la fonte d'aluminium, c'est toujours délicat. On se met alors en quête d'un autre moteur qu'on trouve par bonheur en moins de trois mois. Il a visiblement trempé pendant assez longtemps dans l'eau mais seulement sur quelques centimètres de hauteur. Démonté, il se révélera en état interne correct et, en particulier, les pignons de la boîte de vitesses sont en très bon état. Un bon microbillage viendra facilement à bout des différentes scories incrustées dans le carter.

Début de restauration On voit à droite la machine après deux ans d'efforts. Le remontage est presque terminé. L'AMGR a pu fournir bon nombre de pièces manquantes ou trop abimées pour êtres réparées : guidon, logos de cadre en forme de losange, tube et pot d'échappement, arbre de pompe à huile, molette de frein de direction... Le dessus de selle a été trouvé à l'état neuf chez un sellier spécialisé dans ce genre de travail. Sur la photo, la dynamo n'est pas encore remontée.

Moteur restauréBeaucoup de tiges de commande et de petites pièces de boulonnerie ont été refaites par l'actuel propriétaire qui possède un tour. Les carters ont été microbillés par un professionnel, ce qui leur confère un aspect satiné mieux que neuf. Le cylindre a été peint en noir haute température, lacommande de la boîte de vitesses ainsi que la trappe de visite de la distribution ont été chromées, etc. Tous les travaux de peinture ont été effectués par un spécialiste, lui-même fervent collectionneur. Curieusement, les grippe-genoux en caoutchouc étaient encore dans un état satisfaisant et ont été conservés.

(Signalons, à titre de curiosité, que les deux dernières photos ont été effectuées à l'aide d'un appareil de photo numérique Canon Power Shot 350.)